samedi, 29 avril 2006

Appel du Réseau Education Sans Frontières

Pétition nationale : NOUS LES PRENONS SOUS NOTRE PROTECTION !

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Le 30 juin 2006, le sursis accordé aux élèves sans papiers et à leurs parents tombera. Des milliers d’enfants, de jeunes et leurs familles risquent l’expulsion en masse, verront leur avenir et leur vie même anéantis. Nous ne laisserons pas commettre ces infamies en notre nom. Chacun avec les moyens qui sont les nôtres, nous leur apporterons notre soutien, notre parrainage, notre protection. S’ils nous demandent asile, nous ne leur fermerons pas notre porte, nous les hébergerons et les nourrirons ; nous ne les dénoncerons pas à la police.

mercredi, 05 avril 2006

Des indiens au vatican

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Pour célébrer le premier anniversaire de la mort de Jean-paul, Anton décide de rééditer ce petit article vieux d'un an lui aussi. Quelle coincidence !

C’était en 1979, une énigme apostolique et romaine allait bouleverser mon petit monde. Je faisais sans le savoir parti de la dernière brouette des baptisés de la région, la crise de 1973 effacerait bientôt toute foi en la religion dans les coeurs des bretons de l'intérieur. On allait retirer le crucifix graisseux du dessus de la cheminée, s'étioleraient comme neige au soleil les dragées de baptême qui faisaient ma joie… Il me faudrait de fait attendre l'année de mes huit ans pour vibrer de nouveau à l'unisson des adorateurs du grand dieu unique. A la télé un Zitrone en costume cintré déclamait l'info la plus stupéfiante jamais entendue depuis la pousse des pattes chez les têtards, j'en laissais tomber le Lucky Luke de mes genoux. « Aujourd'hui au-dessus de Rome une fumée blanche a suivi la fumée grise annonçant la nomination du nouveau pape. » Comme chez les Cheyennes, les Commanches et toute les tribus du Nouveau-mexique au Rio Grande. Les signaux de fumée n’étaient à pratiquer qu’en cas d'alerte. J’en tirais assez rapidement la conclusion que quelque chose de grave était arrivé : nous avions perdu notre homme-medecine, notre chamane blanc, l’unité de la nation indienne était menacée. Nous étions donc des indiens, enfin, j'en avais la preuve.
Charlie hebdo

Malheureusement, cette magnifique illusion n’allait pas perdurer, les années suivantes se chargèrent de me ramener à un semblant de lucidité. Je traquais tous les faits et gestes du nouveau chamane blanc, constatant assez vite qu’il s'apparentait bien plus au vendeur d’eau de feu qu'au sorcier surmonté d’une tête de bison menant des pow-wow d’enfer du crépuscule à l’aube. Il avait tous les attributs du bonimenteur perché sur une carriole rutilante, dans des habits de lumière amidonnée soldant sa camelote à des foules béates. Le prestige de l‘uniforme en un sens sans les pouvoirs de super héros, d’ailleurs il se prénommait Jean-paul, étrange sobriquet pour un sorcier de niveau II. En fait de vol Chamanique le Jean-Paul se contentait béatement de tour de stade de foots chapeauté d’une cloche à fromage sur son Austin mini. Seule véritable prouesse : sa capacité à apprendre des centaines de langue sans effort avec la méthode de catéchèse polyglotte. Notre Jean-paul n’était donc qu’un VRP de luxe pour un produit en perte de crédibilité, soumis à un rude concurrence ; du côté des baptistes à fusil, promettant un paradis exclusif, garanti sans cholestérol, des islamistes radicaux promettant vierges et rendement immédiats pour des capitaux flottant. Et sa hotte pleine de bons conseils pour les bons sauvages (SAV des siècles d’évangélisation forcé) : « Croissez et multipliez-vous, n’ayez crainte du sida, une ouaille malade reste une ouaille. » Ces derniers temps le marché de la concurrence s’est ouvert aux églises de tous poils. Et le règne de l’image dans notre société a produit des tonnes de symboles. Les évangélistes, baptistes avec bible et fusil, ouvrant une théocratie à Madagascar comme les talibans l’avaient fait en Afghanistan.



J'ai un ami journaliste qui bosse à la télé. Le genre d’ami qui porte du velours côtelé même en plein été et qui n’omet jamais de préciser que la télé cette « bible des idiots » n’est après tout faite que de ce qu’on y met. Logique en un sens mais pas seulement logique, dangereux aussi. Car lui que la lucidité jamais ne déserte, cette dernière semaine s’est profondément abîmé dans un jus de populisme et d’idolâtrie. Le mardi 5 il débarque à notre séance hebdomadaire de tennis ballon en hurlant : «Le pape est mort ! Vive le pape !» ce que je pris d’abord pour de l’ironie mordante n’était de fait qu’une conséquence de la contamination ayant sévi toute cette dernière semaine sur les habitants de notre généreux pays. Car qui aurait prédit cette semaine de dégorgement, d’épanchement hagiographique comme aux plus belles heures de la propagande de l’inquisition. Un son de cloche, un seul. 21ème siècle médiéval qui débute sur des fléaux planétaires, des martyrs planétaires et de la belle ouvrage en terme d’images. Ah ! La télé adore ça les martyrs en direct, un saint-père n’hésitant pas à s’exhiber jusqu’aux dernières heures du sacrifice. « Arc de communion mondial » dit-on, ce serait parfait si cette communion produisait des effets réels, mais il n’est question que de satisfaction immédiate, « Santo subito » comme on a pu lire sur de nombreuses bannières lors des obsèques du pape. Une béatification immédiate, de l’immédiat, parce que cette bulle qui enfle finira bien par crever.

Les philosophes parleraient de post-modernité rappelant finalement assez la pré-modernité (moyen-âge) et son cortège d’idolâtrie. La part de post-modernité tient surtout dans les outils de propagation de l’info, comme pour le tsunami dévastateur dont tant de pauvres occidentaux furent les victimes, là-bas sur ces paradis du bout du monde que l’occident entretient à ses frais. Les télés ont relayés jusqu’à l’écoeurement les images, sans recul, comme pour le 11 septembre 2001 jusqu’à les rendre absurdes, creuses. Le sens dès lors remisé au second plan, la sensation, l’émotion sont de fait devenus les nouveaux critères de jugement. Et cette dernière semaine d’invasion de télé Vatican sur toutes les chaînes ne fait que confirmer ce qui avait été constaté en 1991 pour la première guerre du golfe, en 2003 pour la seconde. Les rédactions des journaux télévisés ne prennent aucun recul, reprennent mot pour mot les communiqués officiels du Vatican, comme celle des généraux américains durant la guerre. Ajoutons-y les drapeaux en berne, la sanctification télévisuelle d’un comédien raté, homme de paille de l’Opus Dei, principal pourvoyeur d’une morale manichéenne, continuateur en un sens des grandes œuvres de l’église des siècles durant. On se félicite de ses prêches en pays de dictature, de ses messages de paix. Mais qu’on cite seulement un pays ou sa parole a produit un effet bénéfique.
La France est donc à nouveau fière d’être la fille aînée de l’église. La radicalisation des appartenances est en marche quoi qu’on en dise, peut-on compter sur les médias pour faire œuvre de filtre, laisser le temps de la critique, de la réflexion jouer son œuvre pour décemment maintenir un semblant de cohésion. Le temps joue t-il pour ou contre nous ?
A mon tour j’allume un grand feu, que les quelques indiens perdus au milieu des visages pâles guettent les fumées à venir.

PS : un an plus tard les télés ont remis ça. Splendide !

mardi, 04 avril 2006

Prophétie de clochardisation

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Oussama, plombier volontaire dans les brigades internationales rejoint l'équipe de Mandjaro pour y pondre des éditos à sa sauce. Parutions irrégulières et bonne foi approximative. Bienvenue à lui !







brave patrie

"Dresser Redresser Evaluer" A t'on encore l'inconscience visionnaire de nos vingt ans et demi ? Quand certaines menaces aujourd'hui posent déjà l'avenir fâcheux que l'on craint, ingéré, intégré, presque génétiquement inscrit dans les crânes de nos contemporains, nous continuons de douter au moins, de nous aiguiser le sens critique.

Devrait-on parler de sarkozy ? Il me semble que nous devrons le supporter bientôt plus sûrement qu'aujourd'hui. Doit-on réutiliser des qualificatifs tel que vichyiste, faciste ? Quelle pudeur nous empêcherait de les remettre en lumière ? Sarkozy devient l'emblême de cette nouvelle existence du facisme "post-moderne". Les outils ne sont plus ceux de l'ère industrielle. Mais le projet faciste - si tant est qu'il s'agisse d'un projet et non d'une pathologie - est contemporain du cinéma, de l'usine, de la prison, de l'informatique et des nano-bio-technologies. Il suffit de faire à la Prévert une énumération pour avoir cet éclairage inquiétant, expressionniste que l'on se refuse à raisonner. Du plus visible au plus obscure nous nous rendons compte que les mots mènent aux actes.
* Sarkozy ne parle pas des gens, il parle de " nettoyer au karcher".
* De Villepin ne parle pas de supprimer le service public, mais de transférer du fonctionnaire "de là où ils pullulent à là où ils manquent". Où manquent -ils ? Nous ne sommes guère surpris d'apprendre que la police, la justice et l'armée manquent de bras...
* Une commission parlementaire (!!!) pond un rapport d'une indigence hallucinante baptisé Rapport Bénisti. Mais ce n'est pas une hallucination collective... " Dresser Redresser Evaluer", voilà le programme. cette émanation du Groupe d'Etudes Parlementaire sur la Sécurité Intérieure (GEPSI) se pose comme base scientifique pour un travail politique d'identification et de prévention de la délinquance. Les critères sont exclusivement extérieurs, superficiels, c'est à dire des critères imaginaires - de l'image, du son, des sens. C'est particulièrement indécent. Le "Monde libertaire" s'en fait l'écho d'ailleurs, avec la véhémence qui le caractérise. Mais une revue comme Vacarme publie les notes de lecture d'Ariane Chottin-Burger sous le titre : " On n'en croit pas ses yeux"... Elle dit : " La délinquance posée à la fois comme objet et comme destin est là pour légitimer les actions des "intervenants". Elle fonde l'autorité de l'alliance du répressif et du thérapeutique, forme moderne de contrôle de notre civilisation." Bref, le rapport évalue la déviance et désigne son origine : la "difficulté de la langue". "Seuls les parents et en particulier la mère (!) ont un contact avec leurs enfants. Si ces dernières sont d'origine étrangère (!!!) elles devront s'obliger à parler le français dans leur foyer pour s'exprimer. Et si le père réticent continue d'exiger de parler le pâtois du pays (!!!) il faudra dissuader ces mères de le faire. Interdit de parler breton et de cracher par terre... medium_immigration_jetable.jpeg



























La délinquance est jeunesse d'origine étrangère. C'est là la pierre d'angle, le noeud de notre histoire. Il se trouve que cette fois, les actes précèdent les mots. Les "étrangers" sont les cobayes de cette "nouvelle" politique. Les "clandestins"... Petit à petit, ces politiques informulées d'exclusion violente, de rejet, d'enfermement, d'aliénation trouvent des voies de justification fondées sur des montages discursifs d'aspect scientifique. Le sort de ces clandestins m'intéresse particulièrement, outre mon affection quasi pathologique pour ces frères et soeurs, pour cette figure extrême de l'autre, outre cette insulte faite à l'altruisme qui nourrit notre civilité, j'y vois les prémisses du sort qui attend tous ceux que la norme dégoute ou rejette. Il faut voir le travail photographique de Sarah Caron, et lire celui d'Anne de Loisy journaliste qui a recueilli les témoignages des victimes dans la zone d'attente de Roissy. Il faut surtout lire les décrets et les projets de lois à la lumière de ces actes et ces situations. Ces travaux illustrent ce qui attend chaque réprouvé, chaque pauvre, chaque bouc-émissaire, chaque contestataire. Les camps, les prisons, les asiles sont les nouveaux (re-nouveaux) lieux de la condition des masses, remplaçant les anciens sites de production de masse, pour la masse, par la masse. Les conditions de cette "masse populaire" prolétarienne, divisée au possible par le communautarisme, la division du travail, (cette fois-ci pour des raisons de changement de nature du travail) et le corporatisme. Finies les grosses unités de production, les identifications de classe, la lisibilité des intérêts généraux ! medium_adimage.php.gif

Le problème de l'immigration se règle donc en Europe à coup de camps, de peines, de brutalités et d'expulsions. Le problème du chômage se règlera ainsi : des camps, des bagnes, des brutalités. Et pour commencer Villepin prépare le terrain : " Je gouverne par décret" primo. Puis le 8 juin dernier annonce des "sanctions effectives en cas de refus successif d'offres d'emploi". Ceci signifie évidemment la suppression des allocations chômage. L'argent, le nerf de la guerre. Sans argent, grosso modo, un destin se résume à la "clochardisation". les clochards ne votent pas. Ils ne s'organisent pas. Mieux ils se battent entre eux et sont viscéralement écoeurant pour qui tient le haut où le milieu du pavé. Survivre est leur préoccupation principale. Et sans statut, sans protection, sans papiers, le chômeur transformé en clochard est à peu près certains de connaître les joies de l'aventure des "clandos".

Avant d'être clochard engagez-vous dans la police ! Dans l'armée ! Et si vous êtes jeunes encore les meilleurs choix seront HEC, l'ENA et la fac de droit ! Et puis si vous êtes déjà trop vieux, trop con et donc fainéant (génération post 68 arde ! ) c'est que vous avez loupé le train, has been, à la remorque de la vieille France droguée à l'herbe et aux protections sociales. Faites des filles et mettez les sur le trottoir - les bidasses et les cadres dopés, surmenés, rasés de frais auront besoin de décompresser un peu de cette lourde tâche sisyphéennes qu'est l'éternel sauvetage de la France. Etre né sous le signe de l'hexagone... Du nettoyage au Karsher à la fiabilisation des listes de demandeurs d'emploi, à la précarité officialisée pour les jeunes ( minoritaires dans un pays de vieux). Je ne vois plus où est l'homme, l'existence, l'intérêt d'une vie là-dedans mais la question est idiote, tout juste bonne à animer une heure de garderie philosophicoïde de facultatisme du ghetto de Finfon-de France-sur-Chômedu-la-Pâpe. les gens sérieux s'occupent de sauver le pays des eaux de la débacle des glaciers en cherchant la fortune par le moyen le plus sûr. le pillage et l'esclavage. J'exagère bien sûr ! Trop noir ! Dépressif ! Drogué ! Défaitiste ! medium_68murs_oser.jpg
Que chantait pépé ? Le temps des cerises.
Et grand pépé ? -- Aux Armes Citoyens !!!!

Allez au lit, demain il faudra enrichir le patron.